
Le Mali enregistre une première condamnation connue pour homosexualité depuis l’entrée en vigueur de son nouveau Code pénal. Deux hommes ont été condamnés, le 26 octobre 2026, à un an de prison, dont six mois ferme, pour « actes contre nature », rapporte le journal malien Le Soft.
Initialement poursuivis notamment pour diffusion de vidéos à caractère pornographique contraire aux bonnes mœurs, les deux prévenus ont finalement été condamnés sur la base des dispositions qui criminalisent les relations homosexuelles dans le pays.
Au cours du procès, le représentant du contentieux de l’État, constitué partie civile, a dénoncé ce qu’il a présenté comme une participation à la « dépravation des mœurs de la Nation ». Le ministère public a, de son côté, invoqué des actes réprimés par la loi ainsi qu’une atteinte aux valeurs, coutumes et traditions nationales.
Cette décision intervient dans un contexte de durcissement du cadre juridique malien. Appliqué depuis décembre 2024, le nouveau Code pénal assimile à un attentat à la pudeur tout acte sexuel qualifié de « contre nature » commis avec une personne de même sexe.
La criminalisation de l’homosexualité figurait parmi les engagements portés par les autorités de transition, notamment par le ministre de la Justice, Mamadou Kassogué.
Une première qui suscite des interrogations sur les libertés
Réagissant à cette condamnation auprès de RFI, l’avocat et politologue malien Me Oumar Berté a souligné son caractère inédit. Il rappelle que, depuis la réforme pénale de 2024, la justice malienne dispose désormais d’un fondement légal pour poursuivre les actes homosexuels.
L’avocat estime que cette évolution soulève des préoccupations en matière de droits et de libertés, tout en relevant la sensibilité de la question dans la société malienne, où l’homosexualité est parfois présentée comme une importation occidentale.
Il relève également la difficulté pour les associations de défense des droits des personnes LGBT de prendre publiquement position après cette décision. Selon lui, la crainte et la méfiance entourant cette question limitent les prises de parole des organisations concernées.
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des législations relatives à l’homosexualité dans plusieurs pays africains, notamment en Afrique de l’Ouest. Au Sénégal et au Ghana, les évolutions législatives et judiciaires sur cette question suscitent également des préoccupations auprès des organisations de défense des droits humains.
Lire aussi : Commande publique : une délégation malienne en mission de travail à Lomé









