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Sénégal : les incohérences du budget rectificatif 2026 dénoncées par les députés

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Le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 suscite de vives réserves à l’Assemblée nationale du Sénégal. Après un nouveau rejet en Commission des finances le 30 octobre dernier, le texte revient en séance plénière ce mardi 3 novembre 2026. Plusieurs incohérences relevées dans les prévisions budgétaires, les recettes et les dépenses de l’État alimentent les critiques des parlementaires.

Au cœur des désaccords figure le déficit budgétaire, estimé à 1 735,2 milliards de FCFA, soit 7,6 % du produit intérieur brut (PIB). Plusieurs députés contestent la sincérité de cette prévision et demandent des explications sur les hypothèses ayant conduit à ce niveau de déficit.

Les investissements publics constituent un autre point de tension. Le projet prévoit une réduction d’environ 555 milliards de FCFA des crédits d’investissement. Ces coupes soulèvent des interrogations sur la poursuite et le financement de projets dans des secteurs essentiels comme la santé, l’éducation et les infrastructures.

Des prévisions de recettes fortement revues à la baisse

Les chiffres du Plan de redressement économique et social (PRES) alimentent également les interrogations. Les prévisions de recettes sont passées de 762,6 milliards à 311 milliards de FCFA. À fin septembre, seuls 174 milliards de FCFA auraient été mobilisés.

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Cet écart entre les objectifs initiaux et les réalisations interroge sur la capacité de l’État à atteindre ses ambitions de mobilisation des ressources.

Dans le secteur énergétique, les montants annoncés suscitent aussi des questions. Le soutien prévu atteint 790,3 milliards de FCFA, contre 250 milliards initialement inscrits au Fonds de soutien au secteur de l’énergie. Les députés demandent davantage de précisions sur l’origine des ressources supplémentaires et leur utilisation.

Près de 2 000 milliards de FCFA d’arriérés à traiter

La situation des arriérés de l’État constitue une autre source de préoccupation. Le montant restant à traiter est estimé à 1 956,3 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, 988,5 milliards concernent des dossiers considérés comme irréguliers ou incomplets et nécessitant des vérifications.

Cette situation soulève des questions sur la fiabilité des données relatives aux engagements de l’État, mais aussi sur les mécanismes de contrôle et de validation des créances.

Fiscalité et dépenses sociales également contestées

Le volet fiscal du projet prévoit notamment une contribution comprise entre 8 et 10 % du chiffre d’affaires des opérateurs de transferts d’argent. Cette mesure suscite des interrogations sur ses modalités d’application et ses conséquences pour les acteurs concernés.

Par ailleurs, 120 milliards de FCFA de financements initialement destinés à quatre projets doivent être réaffectés à des dépenses jugées urgentes. Les députés s’interrogent sur les projets concernés et les conséquences de cette réorientation sur leur réalisation.

Sur le plan social, une enveloppe de 70 milliards de FCFA est prévue pour les bourses de sécurité familiale. Les parlementaires questionnent l’efficacité du dispositif, les critères de sélection des bénéficiaires et les garanties permettant de s’assurer que les ressources atteignent les ménages ciblés.

Les députés réclament davantage de transparence

Au-delà des désaccords sur les chiffres, les parlementaires demandent davantage de transparence dans la gestion des finances publiques. Ils souhaitent notamment obtenir des informations détaillées sur l’évolution de la dette, les fonds spéciaux et la communication des rapports d’audit.

Après le rejet du texte en Commission des finances le 30 octobre, ces différentes réserves placent le projet de loi de finances rectificative 2026 sous pression. Son examen en séance plénière constitue une nouvelle étape dans les discussions autour de la gestion budgétaire du Sénégal.

Lire aussi : Sénégal : PASTEF rejette le projet de Loi de finances rectificative 2026

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