Sénégal : Tafsir Thioye dénonce des irrégularités dans la procédure de retrait du budget 2027

Le député non-inscrit Tafsir Thioye conteste la démarche de la Commission des finances de l’Assemblée nationale visant à demander le retrait du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027. Il estime que cette initiative ne respecte pas les procédures institutionnelles et pourrait constituer une violation des règles parlementaires.
La procédure de demande de retrait du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027 fait polémique au Sénégal. Le député non-inscrit de Sopi Sénégal, Tafsir Thioye, a dénoncé plusieurs irrégularités dans la démarche attribuée à la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale.
Selon les informations rapportées, la commission aurait adressé une correspondance au gouvernement pour demander le retrait du projet de budget 2027, déjà transmis au Parlement et dont l’examen est attendu dans les prochains jours.
Intervenant mercredi sur le plateau de TFM Matin, Tafsir Thioye a contesté la régularité de cette initiative. Pour lui, une commission parlementaire ne peut pas, à elle seule, engager l’ensemble de l’Assemblée nationale dans une telle démarche.
« La commission des Finances ne peut engager l’Assemblée nationale », a-t-il soutenu, estimant que seule une décision prise en séance plénière peut engager l’institution parlementaire.
Tafsir Thioye pointe une erreur de procédure
Le parlementaire soulève également la question du destinataire de la correspondance. Selon son analyse, la demande de retrait aurait dû suivre un circuit institutionnel précis, en passant notamment par le président de l’Assemblée nationale.
Il rappelle que le projet de loi de finances a été transmis au Parlement par le président de la République, à travers un décret. Dès lors, il estime que la commission ne pouvait pas s’adresser directement au ministre des Finances pour solliciter son retrait.
« Ce n’est pas au ministre des Finances, c’est le président de la République qui a envoyé la loi à travers un décret », a-t-il expliqué.
Tafsir Thioye considère ainsi que la majorité parlementaire ne peut pas se servir de son poids politique pour contourner les règles qui encadrent le fonctionnement des institutions.
« Ils ont la majorité et ils veulent utiliser cette majorité sans se rendre compte que ce qu’ils font, c’est violer la loi », a-t-il déclaré.
Une polémique après le rejet de la LFR 2026
Cette controverse intervient dans un contexte de tensions entre le pouvoir exécutif et la majorité parlementaire, après le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, sur fond de profond désaccord.
Pour Tafsir Thioye, la gravité de la situation dépend toutefois de la confirmation de l’existence et du contenu de la correspondance adressée au gouvernement.
« Si c’est confirmé qu’ils ont écrit pour demander à ce que la loi de finances soit retirée, c’est d’une extrême gravité », a-t-il averti.
La controverse autour du projet de LFI 2027 ouvre ainsi un nouveau débat sur les prérogatives des commissions parlementaires et le respect des procédures législatives au Sénégal.
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