
La scène a marqué la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et pourrait durablement peser sur l’après-tournoi. Dimanche soir à Rabat, lors de l’ultime acte opposant le Sénégal au Maroc, plusieurs joueurs sénégalais ont quitté la pelouse pour protester contre une décision arbitrale dans les derniers instants du match. Un geste inédit à ce niveau de compétition, lourd de conséquences potentielles, même si l’issue sportive de la rencontre ne sera pas remise en cause.
Tout part d’un penalty accordé au Maroc à la 90e+8 minute par l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala. La décision provoque une vive contestation du camp sénégalais. Sous l’impulsion du sélectionneur Pape Thiaw, des joueurs abandonnent provisoirement le terrain, entraînant une interruption de plus de quinze minutes. Après de longues discussions, le jeu reprend. Le penalty est finalement manqué par Brahim Díaz (90e+24), avant que le Sénégal ne s’impose en prolongation et ne soulève le trophée continental.
Sur le plan sportif, le verdict est définitif. La rencontre est allée à son terme et la victoire du Sénégal a été homologuée. Aucun texte de la CAF ni des Lois du jeu de l’IFAB ne permet de revenir sur un résultat dans ces conditions. En revanche, sur le terrain disciplinaire, le dossier reste ouvert.
Des textes réglementaires explicites
Les règlements de la CAN sont clairs. Les articles 64 et 82 prévoient qu’une équipe qui refuse de jouer ou quitte le terrain sans l’autorisation de l’arbitre peut être sanctionnée, allant jusqu’à une défaite par forfait. Une mesure extrême qui n’a pas été appliquée dimanche, l’arbitre ayant choisi de faire reprendre la rencontre. Ce choix n’empêche toutefois pas des sanctions a posteriori.
Du côté de l’IFAB, la Loi 12 classe le fait de quitter volontairement le terrain sans autorisation parmi les fautes disciplinaires, passibles d’avertissements. Lorsque ce comportement est motivé par une contestation arbitrale, il peut constituer une circonstance aggravante, exposant joueurs et encadrement à des sanctions plus lourdes.
Réactions fermes de la FIFA et de la CAF
Les instances internationales n’ont pas tardé à réagir. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a condamné fermement le comportement de « certains joueurs sénégalais et membres du staff technique », appelant la CAF à prendre « les mesures appropriées ». Dans un communiqué au ton sévère, il a rappelé que « quitter le terrain de cette manière est inadmissible » et que le respect de l’autorité arbitrale est un pilier fondamental du football.
La CAF a, de son côté, dénoncé des comportements « inappropriés », notamment à l’encontre de l’équipe arbitrale, et annoncé l’ouverture d’une procédure disciplinaire. L’ensemble des images de la rencontre est en cours d’examen et des sanctions individuelles ou collectives pourraient être prononcées dans les semaines à venir.
Celles-ci pourraient aller de simples amendes à des suspensions ciblant joueurs et membres du staff, avec un impact potentiel sur les prochaines échéances internationales, notamment la Coupe du monde. Si le Sénégal a remporté la CAN sur le terrain, l’après-finale pourrait désormais se jouer dans les couloirs disciplinaires, rappelant que même dans l’euphorie d’un sacre, les règles du jeu demeurent intangibles.
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