
Réunis à Abuja du 19 au 21 août, le syndicat des cadres du pétrole (PENGASSAN) et les acteurs majeurs du secteur ont lancé un avertissement clair : l’immensité des réserves nigérianes ne garantit plus l’attraction des capitaux. Ils réclament des réformes structurelles urgentes pour restaurer la confiance des investisseurs.
Le géant pétrolier africain face à la dure réalité des marchés. Lors du 5ᵉ sommet PENGASSAN Energy and Labour Summit, tenu du 19 au 21 août dans la capitale fédérale Abuja, les dirigeants syndicaux, experts et industriels ont dressé un constat sans concession sur l’attractivité du secteur énergétique nigérian.
Malgré des ressources colossales estimées à 37,01 milliards de barils de pétrole et condensats et 215,19 billions de pieds cubes (Tcf) de gaz naturel, la sous-région constate que le sous-sol riche ne suffit plus à rassurer les bailleurs de fonds internationaux.
Sécurité juridique, coûts et délais : Les vrais défis
Pour l’Association des personnels dirigeants du pétrole et du gaz naturel du Nigeria (PENGASSAN) et ses partenaires, le potentiel géologique n’est plus le critère décisionnel premier. Face à la concurrence mondiale et aux impératifs de la transition énergétique, les investisseurs exigent désormais des garanties concrètes :
Un cadre réglementaire stable : Une lisibilité fiscale et juridique sur le long terme pour sécuriser les capitaux engagés.
La maîtrise des coûts opérationnels : La réduction des surcoûts liés à l’insécurité et au vandalisme des infrastructures dans le Delta du Niger.
L’accélération des projets : Une réduction drastique de la bureaucratie pour raccourcir les délais d’exécution des chantiers pétro-gaziers.
Urgence de réformes pour préserver la rente nationale
Alors que la production nigériane souffre régulièrement de dysfonctionnements techniques et de vols de brut, cet appel du PENGASSAN retentit comme un signal d’alarme pour les autorités d’Abuja.
Sans une modernisation rapide du climat des affaires et une gouvernance assainie, le premier producteur de brut du continent risque de voir s’envoler de précieux milliards d’investissements directs étrangers vers d’autres bassins africains plus compétitifs et plus stables.







