
Symbole de fraternité et de valorisation du patrimoine agricole local, la fête traditionnelle de l’igname a réuni ce samedi 5 septembre les communautés Bassar et Konkomba. Une 62e édition placée sous le signe de la souveraineté alimentaire et de la cohésion sociale.
Guérin-Kouka a vibré au rythme de la tradition. La commune de Dankpen 1 a accueilli l’apothéose de la 62e édition de la fête traditionnelle « D’pontre/N’nidak ». Réunissant les peuples Bassar et Konkomba, ce rendez-vous annuel incontournable célèbre la consommation de la nouvelle igname autour du thème : « De la terre à l’assiette : l’igname, patrimoine vivant, levier de développement économique et de souveraineté alimentaire ».
Événement rotatif célébré chaque premier samedi du mois de septembre, « D’pontre » (en bassar) et « N’nidak » (en konkomba) traduisent le rituel de dégustation des prémices de la récolte. Au-delà de l’aspect festif, la cérémonie constitue un acte d’action de grâce envers Dieu et les ancêtres, tout en scellant l’unité et la paix entre les deux communautés.
Un levier stratégique pour l’économie locale
Présent aux festivités en tant que représentant du Président du Conseil, le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a salué une célébration qui dépasse le simple cadre traditionnel pour s’inscrire dans les ambitions économiques du pays.
Highlightant la richesse du patrimoine local, le ministre a notamment mis en avant :
Le savoir-faire agricole : la production de l’igname « Labako », véritable fierté du Grand Bassar ;
L’artisanat ancestral : la poterie et les rites liés au travail de la terre ;
La cohésion nationale : le renforcement des liens fraternels entre les populations.
« Cette fête est une expression forte de notre diversité culturelle et un facteur de cohésion. Elle s’aligne parfaitement avec les orientations nationales visant à promouvoir la consommation locale et la transformation de nos produits », a indiqué le ministre Mama Omorou.
Vers une industrialisation de la filière igname
De son côté, le président du comité d’organisation, Ougane N’Koumitcha, a exhorté à changer de paradigme en structurant davantage le secteur agricole : « De la houe du paysan à nos tables, l’igname porte en elle l’avenir de nos terroirs. Nous devons en faire une véritable filière économique à travers sa transformation, sa labellisation et son exportation. »
Marquée par la présence notoire de la présidente du Parlement de la CEDEAO, Mémounatou Ibrahima, ainsi que de nombreuses autorités politiques et traditionnelles, la cérémonie s’est achevée au stade municipal de Guérin-Kouka par des prestations folkloriques riches en couleurs, ouvrant la voie aux réjouissances populaires à travers toute la région.
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