Togo : les pays du Partenariat de Ouagadougou plaident pour un financement durable de la santé reproductive

Au terme de trois jours de travaux dans le cadre de la 14ᵉ réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou, les participants ont dressé un bilan riche en enseignements, marqué par des échanges approfondis, des retours d’expériences concrets et des recommandations fortes en faveur du financement de la santé reproductive.
Selon Mme Marie Ba, directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), plusieurs pays, dont Madagascar et le Nigéria, ont partagé des expériences réussies de mobilisation de ressources importantes pour financer la santé de la reproduction et la santé maternelle, servant de référence aux neuf pays membres du partenariat.
La santé communautaire au cœur des solutions
Les discussions ont également mis en avant des exemples probants de santé communautaire, notamment au Burkina Faso et au Mali. Ces approches ont démontré leur efficacité pour atteindre les femmes en milieu rural, souvent exclues des services de santé classiques.
« Le développement de politiques de santé axées sur les communautés est essentiel pour ne laisser aucune femme pour compte », a souligné Mme Marie Ba.
Le défi du financement dans un contexte sécuritaire tendu
L’un des points majeurs abordés concerne le financement de la planification familiale, souvent reléguée au second plan dans les budgets nationaux, notamment dans un contexte marqué par les priorités sécuritaires et la concurrence avec d’autres urgences sanitaires comme le paludisme ou le VIH.
Les participants ont ainsi examiné :
les systèmes de taxation et de fiscalité pouvant contribuer au financement de la santé ;
la création de fonds communs nationaux ou régionaux exclusivement dédiés à la planification familiale ;
l’optimisation des pratiques à fort impact pour élargir l’accès aux services, y compris pour les populations déplacées et réfugiées.
Maintenir la pression politique
Pour la directrice de l’UCPO, il est crucial de maintenir le plaidoyer auprès des décideurs politiques, avec l’appui de la société civile et des jeunes leaders, afin de faire de la planification familiale et de la santé reproductive une priorité durable.
« Les résultats observés aujourd’hui sont le fruit des investissements consentis ces dernières années. Il faut continuer sur cette lancée », a-t-elle insisté.
Vers une réunion ministérielle en 2026
À l’issue de la rencontre, l’UCPO a exprimé sa volonté de ne pas s’arrêter à cette réunion annuelle. Une réunion ministérielle est envisagée en 2026, avec la participation non seulement des ministères de la Santé, mais aussi des ministères des Finances, afin de renforcer la coordination intersectorielle.
L’objectif sera notamment d’analyser :
l’état réel des financements et des dépenses ;
les lignes budgétaires allouées mais non exécutées ;
et les mécanismes permettant d’optimiser chaque franc CFA destiné à la santé de la reproduction.
À travers cette dynamique, le Partenariat de Ouagadougou entend consolider les acquis et accélérer les progrès vers un accès équitable et durable à la santé reproductive dans la sous-région.









