Société

Dialogue régional de Lomé : les décisions qui pourraient changer l’avenir du Golfe de Guinée

Réunis à Lomé les 3 et 4 juin 2026 dans le cadre du Dialogue régional sur le renforcement de l’Agenda de prévention dans le Golfe de Guinée, des représentants des gouvernements, organisations régionales, experts, partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la société civile ont adopté cinq recommandations majeures. L’objectif est de renforcer la stabilité et la résilience de la sous-région face à l’évolution des menaces sécuritaires, aux effets du changement climatique, à la fragilité des zones frontalières et à la progression des économies illicites.

Les participants ont insisté sur la nécessité de placer la prévention au cœur des politiques publiques et des stratégies régionales. Ils estiment que les recommandations issues de ces travaux doivent permettre de construire une réponse collective, cohérente et durable afin de faire de la prévention un levier central de stabilité, de paix et de développement dans le Golfe de Guinée.

 Renforcer les approches territoriales et transfrontalières

Les participants ont identifié les zones frontalières et périphériques comme des espaces particulièrement vulnérables sur les plans sécuritaire, économique, social et climatique. Ils recommandent de dépasser les réponses strictement sécuritaires au profit d’approches intégrées combinant gouvernance locale, développement économique, autonomisation des jeunes et des femmes, gestion durable des ressources naturelles et renforcement de la cohésion sociale.

lire aussi-Golfe de Guinée : « La sécurité durable ne peut reposer sur la seule réponse sécuritaire », affirme Calixte Madjoulba à Lomé

Le Dialogue insiste également sur le renforcement des mécanismes de coopération transfrontalière, l’appui aux collectivités territoriales et la promotion de solutions concertées autour de la mobilité pastorale et du développement des corridors économiques. Une meilleure articulation entre les dynamiques locales, nationales et régionales est jugée essentielle pour limiter la propagation des crises sahéliennes vers les pays côtiers.

 Faire de la prévention une approche globale

Les travaux ont mis en évidence les limites des réponses fragmentées face à des crises de plus en plus complexes. Les participants réaffirment que la prévention durable doit reposer sur une articulation étroite entre sécurité, gouvernance, développement durable et cohésion sociale.

Ils recommandent une coordination renforcée entre acteurs humanitaires, de développement et de paix, ainsi qu’une meilleure intégration de la sécurité climatique dans les politiques publiques. Le Dialogue insiste également sur la nécessité de renforcer la confiance entre populations, institutions et forces de défense et de sécurité, tout en associant davantage les jeunes, les femmes et les communautés locales aux mécanismes de prévention et d’alerte.

 Réduire l’influence des économies illicites

La progression des économies illicites dans plusieurs zones fragiles de la sous-région constitue une préoccupation majeure. Les participants estiment que ce phénomène est alimenté par le manque d’opportunités économiques, la faiblesse des services publics et les déficits de gouvernance.

Ils recommandent le développement d’alternatives économiques durables, le soutien aux chaînes de valeur légales, l’inclusion économique des jeunes et des femmes, ainsi qu’un renforcement de la coopération régionale contre les trafics et la circulation des armes légères. Une attention particulière est accordée aux mécanismes communautaires de coopération transfrontalière.

Les participants appellent à renforcer les systèmes d’analyse des risques et d’alerte précoce afin de mieux anticiper les crises. Ils préconisent des outils plus intégrés capables de croiser données climatiques, sécuritaires, démographiques et socio-économiques.

Le Dialogue recommande également un meilleur partage des informations entre États et institutions régionales, le renforcement des capacités nationales de prévention, ainsi qu’une collaboration accrue avec les centres de recherche. Il insiste enfin sur la nécessité de mieux connecter les systèmes d’alerte aux mécanismes de décision afin de garantir des réponses rapides et efficaces.

 Mobiliser davantage de ressources pour la prévention

Le financement de la prévention constitue la dernière grande recommandation. Les participants appellent à des financements plus flexibles, mieux coordonnés et inscrits dans la durée, avec une implication renforcée des partenaires techniques et financiers.

Ils encouragent également le développement de mécanismes adaptés aux enjeux transfrontaliers, le soutien à des initiatives pilotes innovantes et une meilleure synergie entre financements humanitaires, de développement et de paix. Le secteur privé est également invité à contribuer davantage à la mobilisation des ressources.

 La Facilité de Prévention au cœur de la stratégie régionale

Au terme des échanges, la Facilité de Prévention est présentée comme un instrument clé pour renforcer la cohérence des interventions et soutenir la mise à l’échelle des initiatives de prévention dans la région. À Lomé, le PNUD, le UNFPA et le HCR ont annoncé le lancement de la Facilité Prévention 2026-2029.

Lire aussi-Golfe de Guinée : Coumba Sow met en garde contre une « contagion » des crises sahéliennes

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page