Togo : l’opposition lance le manifeste « Génération Togo » pour une transition politique et une refondation de l’État

À Lomé, quatre regroupements de l’opposition togolaise ont présenté ce mardi 9 juin 2026 un manifeste commun intitulé « Génération Togo », porteur d’une vision de rupture politique et de refondation républicaine. Le document est porté par la Dynamique Monseigneur Kpodzro, la Dynamique pour la Majorité du Peuple, Lumière pour un Développement dans la Paix et le front Touche Pas à Ma Constitution.
Présenté lors d’une conférence de presse, ce texte se veut une vision collective adressée à l’ensemble des Togolais, y compris aux militants du parti au pouvoir Union pour la République. Les auteurs du manifeste estiment que le pays traverse une crise structurelle marquée par plus de soixante ans de gouvernance jugée peu inclusive, une forte émigration des jeunes et une faible redistribution des richesses nationales.
Une transition politique en trois étapes
Le manifeste propose une feuille de route articulée autour de trois phases : une mobilisation citoyenne pacifique pour obtenir l’ouverture d’une transition, la mise en place d’un dialogue national inclusif réunissant forces politiques, société civile, syndicats et diaspora, puis l’organisation d’assises nationales en vue d’une nouvelle Constitution et d’élections jugées transparentes.
Selon la députée Brigitte Adjamagbo-Johnson, il s’agit de construire une vision commune pour un « autre Togo » fondé sur une refondation des institutions et du contrat social.
Pour Jean Kissi, la transition constitue une étape incontournable pour sortir de la crise actuelle et engager une transformation politique profonde du pays.
De son côté, Nathaniel Olympio insiste sur une « révolution de pensée et d’éthique » et appelle les citoyens à s’approprier cette initiative au-delà des clivages politiques traditionnels.
Un appel à une refondation globale de l’État
Le document met également en avant plusieurs priorités : renforcement de l’État de droit, lutte contre la corruption, indépendance de la justice, organisation d’élections transparentes et transformation locale des ressources naturelles pour stimuler le développement économique.
Les signataires reconnaissent par ailleurs les limites de l’opposition togolaise, marquée selon eux par des divisions internes et un manque de stratégie unifiée ces dernières années.
Cette initiative intervient dans un contexte politique marqué par des tensions récurrentes autour des réformes institutionnelles et de la gouvernance au Togo, où le débat sur l’alternance et la réforme constitutionnelle reste central.
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