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Sénégal / Révision constitutionnelle : Tempête au sein du pouvoir, des députés PASTEF tirent à boulets rouges sur Diomaye Faye

Rien ne va plus entre l’exécutif sénégalais et une partie de sa propre majorité. Les députés du groupe parlementaire PASTEF–Les Patriotes accusent ouvertement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’avoir trahi son engagement initial en choisissant de saisir le Conseil constitutionnel pour bloquer le projet de révision de la Constitution, au détriment de la voie référendaire. Un rétropédalage qui passe très mal.

Le camp présidentiel dénonce un « énième reniement »

Dans une déclaration conjointe au ton particulièrement offensif, Mohamed Ayib Salim Daffé, président du groupe parlementaire PASTEF, et plusieurs de ses collègues (parmi lesquels Abdoulaye Tall et Fatma Mbodj) ne mâchent pas leurs mots. Ils qualifient la démarche du chef de l’État de « reniement de plus ».

Selon les parlementaires, le ministre de la Justice avait pourtant réaffirmé devant l’hémicycle l’intention du président de soumettre le texte final à l’arbitrage du peuple par référendum. En saisissant directement les sages de la haute juridiction pour tenter d’invalider le texte, Bassirou Diomaye Faye est accusé de fuir la sanction des urnes.

« Contrairement à son engagement, il enterre définitivement l’arbitrage du peuple souverain par la convocation d’un référendum, dont il se soustrait pour éviter une débâcle électorale prévisible et cuisante », martèlent les députés frondeurs dans leur communiqué.

Une bataille juridique et politique de haut vol

Sur le plan purement légal, les députés porteurs de cette proposition de révision estiment que le recours présidentiel est une aberration procédurale. Selon eux, le chef de l’État ne peut saisir le Conseil constitutionnel qu’une fois toutes les étapes de la procédure parlementaire définitivement bouclées.

Pour la majorité à l’Assemblée, le vote ayant déjà recueilli la majorité des trois cinquièmes, le texte est juridiquement approuvé. Les parlementaires affichent d’ailleurs une sérénité à toute épreuve quant à l’issue de ce bras de fer :

Cette sortie au vitriol installe un climat de haute tension au sommet de l’État sénégalais, illustrant une fracture inédite entre le palais de l’Avenue Roume et les parlementaires de son propre parti. La décision du Conseil constitutionnel reste désormais la clé de voûte de cette crise institutionnelle en gestation.

Lire aussi-Sénégal : Bras de fer institutionnel autour de la révision de la Constitution, Bassirou Diomaye Faye saisit les « Sages »

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