Environnement

Togo / Protection de la nature : Vers le premier plan national de financement de la biodiversité avec le programme BIOFIN

Grand angle sur l’avenir vert du Togo. Les acteurs de l’environnement, des finances publiques et du secteur privé sont réunis à Lomé depuis ce mercredi 8 juillet 2026. Durant quarante-huit heures, ils planchent sur la validation du rapport d’analyse des politiques et des institutions pour le financement de la biodiversité. Une étape décisive soutenue par le PNUD pour rompre avec la dépendance financière extérieure et mobiliser des ressources durables.

Changement de paradigme : La nature est un investissement rentable

Longtemps reléguée au second plan des priorités budgétaires, la préservation des écosystèmes togolais s’impose désormais comme un levier économique majeur. C’est le message fort porté par les officiels à l’ouverture des travaux de l’Initiative pour le financement de la biodiversité (BIOFIN).

Pour Anakpa Essokiza, Directeur général du Budget et des Finances, il est temps de balayer les vieilles idées reçues :

« Longtemps, la protection de l’environnement a été perçue, à tort, comme une simple contrainte écologique ou un poste de dépenses secondaires. Le rapport qui nous réunit aujourd’hui vient corriger cette perception grâce aux analyses qu’il propose », a-t-il affirmé avec force.

Bien que le pays dispose d’un cadre juridique solide, le grand défi reste le financement. Les mécanismes actuels sont fragmentés et restent trop dépendants des partenaires extérieurs. Pour y remédier, le Togo accélère sa mue financière grâce à l’introduction de la budgétisation verte, permettant de mieux intégrer les enjeux climatiques directement au cœur des finances publiques.

Le cri d’alarme du PNUD face au sous-financement

Représentant la cheffe résidente du PNUD au Togo, M. Abiziou Tchinguilou (Team Leader Environnement et Entrepreneuriat) a rappelé l’importance stratégique de cette biodiversité, qu’il qualifie de « socle de nombreuses activités économiques ». Sécurité alimentaire, protection des ressources en eau, résilience climatique : tout en dépend.

Cependant, le constat reste amer : l’enveloppe globale allouée à sa conservation demeure largement en deçà des défis réels. L’initiative BIOFIN se veut donc être l’outil correcteur destiné à identifier des mécanismes de financement innovants et pérennes.

Une feuille de route rigoureuse pour l’écosystème togolais

Présidant la cérémonie, le directeur de cabinet du ministère de l’Environnement, Dr Nabédé Piyabalo, a détaillé la méthodologie rigoureuse derrière cette avancée. Ce rapport soumis à validation passe au crible le cadre politique, institutionnel et économique du pays. Il traque les causes de la dégradation de la nature, mais aussi les subventions publiques qui nuisent indirectement à l’environnement.

Dr Nabédé Piyabalo a ainsi invité l’ensemble des experts à examiner le document avec la plus grande rigueur technique afin qu’il réponde parfaitement aux ambitions de développement du Togo.

À l’issue de ces deux jours de travaux, les recommandations formulées permettront de poser la touche finale à ce rapport. Le Togo disposera alors des bases nécessaires pour formaliser son tout premier Plan national de financement de la biodiversité, un document stratégique très attendu pour préserver durablement le patrimoine naturel national.

Lire aussi-Togo / Protection de la nature : Le gouvernement et le PNUD s’unissent pour révolutionner le financement de la biodiversité

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