ONU / Succession de Guterres : La candidature controversée de Macky Sall sous le feu des critiques de UN Watch

Alors que le processus de sélection du prochain Secrétaire général des Nations Unies entre dans une phase décisive avec l’audition publique des candidats ce 23 juillet 2026, la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall suscite de vives contestations. L’ONG UN Watch interpelle directement l’ancien chef d’État sur le bilan de sa présidence en matière de droits humains et de libertés fondamentales.
Candidat déclaré à la succession d’António Guterres, Macky Sall fait face à un parcours semé d’embûches diplomatiques et à des critiques virulentes portant sur sa gestion du pouvoir au Sénégal entre 2021 et 2024.
Une candidature contestée et hors rotation régionale
Seul candidat déclaré en dehors du Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes (GRULAC) — dont c’est théoriquement le tour selon le principe informel de rotation géographique aux Nations Unies —, Macky Sall avance en ordre dispersé :
Un soutien africain mitigé : D’abord portée par le Burundi, sa candidature a tardivement reçu l’appui du gouvernement sénégalais courant juillet, mais l’Union africaine (UA) a refusé d’apporter son investiture officielle.
Un passif intérieur lourd : Plusieurs organisations de défense des droits humains rappellent le bilan des dernières années de sa présidence, marquées par des manifestations violemment réprimées, des arrestations de journalistes et l’incarcération de figures de l’opposition.
La question cash adressée à Macky Sall
Dans le cadre de la réunion publique avec les prétendants au poste de Secrétaire général, l’organisation UN Watch a formulé une interpellation directe à l’attention de l’ancien président sénégalais :
« Durant votre présidence, les forces de sécurité sénégalaises ont tué des manifestants, des journalistes ont été emprisonnés, des figures de l’opposition ont été incarcérées et des milliers de personnes ont été détenues arbitrairement. Pourquoi le monde devrait-il confier le poste de Secrétaire général à une personne dont le gouvernement a été accusé de violer les droits humains mêmes que les Nations Unies ont pour mission de protéger ? »
Réforme de l’ONU : Le questionnaire sans concession soumis aux candidats
Au-delà du cas spécifique de Macky Sall, l’ONG a soumis une série de questions de fond à l’ensemble des candidats à la tête de l’ONU pour évaluer leur vision du système multilatéral :
Rétablir la clarté morale : Mettre fin à la « fausse équivalence » entre régimes oppresseurs et victimes pour restaurer la légitimité de l’ONU.
Neutralité des experts de l’ONU : Interdire le financement direct des rapporteurs spéciaux par des États et appliquer des normes de preuve plus strictes face aux biais idéologiques.
Condamnation des dérives : Condamner publiquement les propos haineux ou antisémites tenus par certains titulaires de mandats de l’ONU (à l’instar des déclarations controversées de la rapporteuse Francesca Albanese).
Transparence sur l’UNRWA : Lever l’immunité onusienne et coopérer pleinement avec les autorités nationales qui enquêtent sur les liens présumés de certains employés de l’agence avec des groupes armés.
La prestation de Macky Sall et des autres prétendants lors des grands grands grands débats à New York sera particulièrement scrutée par la communauté internationale.
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