Afrique

AES : La Confédération franchit un cap décisif avec l’installation de son Parlement à Niamey

L’architecture institutionnelle de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) poursuit sa structuration accélérée. Ce lundi 24 août à Niamey, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement ouvert la session inaugurale de leurs parlements conjoints.

 De l’alliance purement défensive à l’intégration politique et économique totale. Moins de deux mois après sa mue en Confédération actée le 6 juillet 2024, l’AES opérationnalise son volet législatif dans la capitale nigérienne.

Un organe délibératif de 45 élus

Cette première session consacre l’installation d’un parlement commun composé de 45 membres, à raison de 15 représentants par État (Mali, Burkina Faso, Niger). Portant le titre de « députés confédéraux », ces élus ont pour mandat de délibérer et d’émettre des avis sur les grands chantiers communautaires. Leur installation formelle ouvre immédiatement la voie aux premières assises pratiques de l’institution.

Une marche forcée vers la souveraineté intégrale

Née le 16 septembre 2023 en réponse à la crise sécuritaire, la dynamique de l’AES s’est rapidement élargie pour marquer une rupture diplomatique assumée avec les blocs régionaux traditionnels. Le processus s’appuie aujourd’hui sur des projets intégrateurs concrets :

  • Sécurité et Défense : Mise en place d’une force unifiée de près de 5 000 hommes pour mutualiser la lutte contre le terrorisme.

  • Indépendance financière : Création de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), bras armé économique doté d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA.

  • Guerre de l’information : Déploiement d’un écosystème médiatique souverain pour contrer la désinformation, incluant la chaîne AES TV basée à Bamako, une radio confédérale opérant depuis Ouagadougou, et une future agence d’information AES en cours de création à Niamey.

Avec ce nouveau Parlement, les États de l’AES se dotent du levier législatif nécessaire pour encadrer juridiquement ces différents chantiers et enraciner définitivement leur modèle d’intégration sous-régionale.

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