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Mali : un expert de l’ONU constate une amélioration de la sécurité

L’Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Mali, Alioune Tine, en fin de visite dans ce pays, a exprimé le 22 février sa satisfaction de l’amélioration de la situation sécuritaire, des droits de l’homme et des déplacés, tout en notant « un rétrécissement de l’espace civique et du débat démocratique » de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

« Pour la première fois depuis le début de mes visites en 2018, j’ai noté une amélioration tangible de la situation sécuritaire, de la situation des personnes déplacées internes, de la situation des droits de l’homme ainsi que des dynamiques de paix endogènes, notamment dans le Centre du Mali », a déclaré dans un communiqué l’Expert indépendant, au terme d’une visite officielle de dix jours.

Le nombre de violations des droits humains documentées au cours du dernier trimestre de 2021 par l’ONU a diminué de 27%.

De même, il fait état d’une baisse de près de 30% du nombre d’incidents de protection entre novembre et décembre dernier.

« Le Cluster Protection a noté une baisse significative des violations des droits de l’homme en fin d’année en général, à l’exception des violations du droit à la vie, où le plus grand nombre a été enregistré au cours du dernier trimestre de l’année 2021 », a indiqué M. Tine.

Malgré des progrès tangibles, poursuite des exactions des groupes extrémistes

L’amélioration de la situation sécuritaire se traduit également par « la récente baisse du nombre de personnes déplacées et de conflits intercommunautaires ». Le nombre de personnes déplacées a diminué de 13%, passant de 400.000 en septembre 2021 à 350.000 en décembre 2021.

« Dans la région de Gao, le nombre de personnes déplacées a diminué de près de la moitié entre septembre et décembre 2021 », a souligné M. Tine, expliquant cette baisse, « par la pacification progressive de certaines localités dans les régions du centre et du nord du pays ».

Pourtant malgré ces « progrès tangibles », l’Expert indépendant onusien s’inquiète de la poursuite des exactions par « des groupes extrémistes violents ». La Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM), l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) et d’autres groupes similaires, ainsi que les groupes armés communautaires dits d’autodéfense, continuent « d’attaquer, de tuer et d’enlever des civils », a déclaré Alioune Tine, ajoutant que ces groupes extrémistes violents appliquent une interprétation stricte de la charia.

« La bombe sociale la plus grave se profile à l’horizon avec l’effondrement du système éducatif », a-t-il ajouté, citant les chiffres de l’ONU montrant la fermeture de 320 écoles en 2021, affectant près de 100.000 élèves. En raison de l’insécurité, le nombre d’écoles fermées a augmenté de manière significative en passant de 1.344 en janvier 2021 avec plus de 400.000 élèves affectés à 1.664 écoles en décembre 2021 avec près 500.000 élèves affectés.

Rétrécissement de l’espace civique et du débat démocratique

Par ailleurs, l’Expert de l’ONU s’est dit très préoccupé par le rétrécissement de l’espace civique, notamment du rôle des médias, et de l’opposition politique. Ce « climat délétère » a conduit plusieurs acteurs à l’autocensure par crainte de représailles de la part des autorités maliennes de transition et/ou de leurs partisans ».

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« Je suis particulièrement préoccupé par le risque de confrontation et de violence entre les partisans des autorités maliennes de transition et les partis d’opposition », a alerté M. Tine, exhortant Bamako « à prendre toutes les mesures appropriées pour prévenir les actes de violence ou d’incitation à la violence et à s’assurer que les auteurs répondent de leurs actes ».

De plus, face à la détérioration continue du contexte géopolitique et sécuritaire et la menace que cela représente pour la stabilité du Mali et du Sahel, M. Tine invite la communauté internationale et africaine à « repenser les réponses sécuritaires au Sahel ». Il appelle également au développement « de stratégies de sécurité plus intégrées, axées sur la protection des populations civiles et de leurs droits humains fondamentaux ».

À noter que l’’Expert indépendant de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Mali présentera, le 28 mars, son rapport annuel au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève.

Avec Onu Info

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