Santé

Nigéria : les leçons tirées de la riposte au VIH s’appliquent contre la variole du singe (ONUSIDA)

Alors que la variole du singe continue de se répandre dans le monde, avec 43.000 cas dont 12 décès majoritairement en Europe et dans les Amériques, une agence des Nations Unies a mis en avant les leçons apprises de la lutte contre le VIH/Sida dans la riposte à la variole du singe, notamment au Nigéria.

Les enseignements de la riposte au sida s’appliquent à ceux du virus de la variole du singe, selon le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA). « La riposte au virus de la variole du singe au Nigéria est affectée à la fois par la stigmatisation sociale et par l’inégalité mondiale dans l’accès aux médicaments essentiels, y compris les vaccins », a ainsi affirmé le Dr Leo Zekeng, Directeur national et représentant d’ONUSIDA au Nigéria.

Dans ce vaste pays d’Afrique de l’Ouest, le personnel local des États les plus touchés a signalé que la stigmatisation, liée aux commentaires du monde entier accusant les homosexuels d’être responsables de la maladie, « décourage certaines personnes à se faire soigner ».

« Selon le personnel local, il est arrivé que des personnes aient trop peur d’accéder à des soins médicaux en raison de la stigmatisation », a ajouté le Dr Zekeng.

Lire aussi-Variole du singe : l’Afrique en quête de 60.000 tests de dépistage

Briser la stigmatisation et non la renforcer

Dans ces conditions, Abuja veille à ce que le personnel des dispensaires soit sensibilisé pour « briser cette stigmatisation et non pour la renforcer ». Les responsables du ministère de la Santé misent également sur la sensibilisation des communautés à la variole du singe, en insistant sur l’identification des symptômes, la prévention et la nécessité de se faire tester.

Pour ONUSIDA, le soutien aux efforts visant à combattre la stigmatisation et à permettre l’accès aux médicaments essentiels est essentiel pour garantir que toutes les personnes touchées par la variole au Nigéria reçoivent les soins dont elles ont besoin. « Le soutien à la réponse au Nigéria est essentiel pour le succès de la réponse mondiale », a fait valoir le représentant de l’agence onusienne dans ce pays.

Ces leçons de bonnes pratiques interviennent alors que la variole du singe est endémique au Nigéria, et que ces dernières semaines, « une hausse significative de cas suspects et confirmés » a été constatée. Selon le dernier rapport de situation publié par le Centre de contrôle des maladies du Nigéria (7 août 2022), le pays recense plus de 473 cas suspects (dont 172 confirmés) de variole du singe dont 407 depuis le 30 mai dernier.

15 nouveaux cas confirmés

Dans les dernières données hebdomadaires publiées (du 1er au 7 août), 60 cas suspects ont été enregistrés en une semaine, dont 15 confirmés. Le pays comptabilise également quatre des douze morts signalés dans le monde.

Le Nigéria face l’iniquité vaccinale et l’accès aux médicaments essentiels
Cependant, tout le continent africain ne compte que 404 cas confirmés (dont 7 décès) sur les 42.793 cas dans le monde, tandis que la région européenne compte plus de 21.000 cas dont 2 décès, et que les Amériques répertorient pratiquement le même nombre de cas et de morts.

Au Nigéria, le gouvernement nigérian, les organisations de la société civile, les partenaires de développement et l’ONU travaillent de concert pour faire face à l’augmentation des cas suspects et confirmés. Mais la pénurie de médicaments essentiels freine toutefois les activités de riposte, selon ONUSIDA.

L’inégalité vaccinale alimente les frustrations

L’agence onusienne estime nécessaire de soutenir l’expansion de l’approvisionnement en médicaments, en équipements et en matériel de collecte d’échantillons. Contrairement aux États-Unis et à l’Union européenne, le Nigéria ne dispose d’aucune réserve de vaccins contre la variole du singe.

« Cette situation suscite un sentiment de frustration chez les habitants des zones touchées, qui ont l’impression que le monde les laisse de côté », a regretté le Dr Zekeng, relevant l’urgence « de remédier à cette inégalité d’accès aux vaccins et autres médicaments essentiels en partageant les doses, les droits de production et le savoir-faire ».

Source ONU info

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page