
Les premières Journées du secteur privé de la santé ont été officiellement ouvertes ce jeudi 16 avril 2026 à Lomé, dans un contexte marqué par la volonté des autorités et des acteurs privés de renforcer leur collaboration autour de la mise en œuvre de l’Assurance maladie universelle (AMU), réforme majeure engagée depuis 2024 au Togo.
Organisées par la Plate-forme du Secteur Privé de la Santé au Togo, ces assises réunissent professionnels de santé, responsables institutionnels et partenaires techniques et financiers autour des enjeux de structuration et de performance du système sanitaire.
Une première édition à forte portée stratégique
Cette première édition des Journées du secteur privé de la santé marque une étape importante dans l’institutionnalisation du dialogue entre l’État et les acteurs privés.
Dans son intervention, le ministre de la Santé, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, a salué une initiative qui s’inscrit dans la dynamique nationale de construction d’un système de santé performant, accessible et résilient.
Il a rappelé que l’AMU constitue une réforme structurante visant à garantir un accès équitable et continu aux soins pour l’ensemble de la population, sans distinction.
Le secteur privé, acteur majeur de l’offre de soins
De son côté, le président de la PSPS-Togo, le Dr Innocent Kpéto, a souligné le rôle central du secteur privé dans le système sanitaire national.
Selon lui, le privé assure plus de 60 % de l’offre de soins et plus de 80 % de l’offre en produits et technologies de santé, selon des données du ministère de la Santé (2022), ce qui en fait un partenaire incontournable dans la réussite des politiques publiques.
Il a toutefois reconnu l’existence de défis persistants, notamment en matière de qualité des soins et de redevabilité, appelant à un renforcement des mécanismes de régulation et de structuration du secteur.
Une plateforme structurée pour le dialogue public-privé
Créée en 2015, la Plate-forme du Secteur Privé de la Santé au Togo s’est donnée pour mission de fédérer les acteurs privés de santé et de servir d’interlocuteur dans le dialogue avec les pouvoirs publics.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale soutenue par des partenaires tels que l’USAID et la Banque mondiale, ayant conduit à la création en 2016 de la Fédération ouest-africaine des plateformes du secteur privé de la santé (FOASPS), qui regroupe aujourd’hui 11 pays.
Au Togo, un cadre de collaboration formel a été signé en 2019 avec le ministère de la Santé, permettant de structurer le dialogue et de renforcer les actions conjointes, notamment durant la réponse à la Covid-19.
L’AMU au cœur des réformes sanitaires
Au centre des discussions, l’Assurance maladie universelle est présentée comme une transformation structurelle du système de santé, visant à garantir un accès équitable, continu et de qualité aux soins.
Le gouvernement a réaffirmé la poursuite de plusieurs chantiers complémentaires, notamment la construction d’unités de soins périphériques, la modernisation des plateaux techniques hospitaliers et le renforcement des ressources humaines.
Les Journées du secteur privé de la santé au Togo s’inscrivent également dans une dynamique ouest-africaine portée par la FOASPS, avec le soutien de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS).
Après le Bénin, le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Mali, le Togo accueille à son tour cette initiative régionale, confirmant son rôle dans la structuration du dialogue public-privé en santé en Afrique de l’Ouest.
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