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Afric’Innov : dix ans après, l’IA redéfinit l’accompagnement des entrepreneurs africains

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L’intelligence artificielle va-t-elle redéfinir l’avenir de l’entrepreneuriat africain ? C’est le défi au cœur de l’Afric’Innov Summit 2026, dont l’ouverture officielle s’est tenue ce vendredi 6 novembre à Lomé. Pour ses dix ans, le réseau Afric’Innov réunit les acteurs de l’innovation autour d’une ambition : repenser l’accompagnement des entreprises et faire de l’intelligence artificielle un levier de transformation des économies africaines.

Placée sous le thème « Transformer les écosystèmes entrepreneuriaux africains à l’ère de l’intelligence artificielle », cette édition se déroule du 5 au 7 novembre 2026. Elle marque une décennie d’engagement en faveur de l’entrepreneuriat et des structures qui accompagnent les porteurs de projets sur le continent.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Christian Jekinnou, président d’Afric’Innov, est revenu sur le chemin parcouru depuis la création du réseau en 2016. Il a également insisté sur les nouveaux défis auxquels les incubateurs, accélérateurs et autres structures d’accompagnement doivent désormais faire face.

Dix ans au service de l’écosystème entrepreneurial africain

Pour Christian Jekinnou (photo ci-dessous), l’une des principales contributions d’Afric’Innov a été de mettre en lumière le rôle des structures qui soutiennent les entrepreneurs. « Il ne suffisait pas d’aider directement les entrepreneurs. Il fallait aussi soutenir ceux qui soutiennent les entrepreneurs », a-t-il rappelé.structures qui soutiennent les entrepreneurs. « Il ne suffisait pas d’aider directement les entrepreneurs. Il fallait aussi soutenir ceux qui soutiennent les entrepreneurs », a-t-il rappelé.

 

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Au fil des années, l’initiative a évolué d’un programme vers une association et une communauté. Ses actions ont notamment porté sur la formation des équipes d’incubateurs, le renforcement des capacités des accélérateurs, la mise en relation des acteurs publics et privés ainsi que l’accompagnement des entrepreneurs.

Le président d’Afric’Innov estime toutefois que les structures d’accompagnement doivent continuer à démontrer leur utilité dans un environnement entrepreneurial en pleine mutation.

« Notre utilité ne se décrète pas. Elle se démontre. Dans les décisions mieux prises. Dans les erreurs évitées. Dans les marchés ouverts. Dans les entreprises qui tiennent debout », a-t-il déclaré.

L’intelligence artificielle, un défi pour les structures d’accompagnement

L’arrivée de l’intelligence artificielle transforme progressivement les pratiques entrepreneuriales. Grâce à ces outils, les porteurs de projets peuvent notamment analyser des marchés, élaborer des plans d’affaires, construire des stratégies commerciales ou obtenir des réponses à leurs préoccupations à tout moment.

Cette évolution interroge directement le rôle des incubateurs et des accélérateurs. Si certaines tâches peuvent désormais être réalisées avec l’appui d’outils numériques, les structures d’accompagnement doivent faire valoir leur capacité à apporter une expertise, un réseau, une connaissance du terrain et un accompagnement adapté aux réalités locales.

Pour préparer cette réflexion, Afric’Innov a organisé le processus « Road to Lomé », structuré autour de quatre Labs. Les échanges ont porté sur la qualité de l’accompagnement, le financement des structures, la transformation de leurs métiers par l’intelligence artificielle et les politiques publiques en faveur de l’innovation.

Les conclusions de ces travaux doivent alimenter le Manifeste de Lomé, présenté dans le cadre du sommet. L’objectif est de formuler des recommandations et des pistes d’action concrètes pour renforcer les écosystèmes entrepreneuriaux africains.

« Nous ne sommes pas venus seulement célébrer les dix dernières années. Nous sommes venus commencer à écrire les dix prochaines », a affirmé Christian Jekinnou.

Le Togo présente ses ambitions dans le numérique et l’IA

La cérémonie d’ouverture a également permis au Togo de présenter les orientations de sa politique en matière de numérique et d’intelligence artificielle. À cette occasion, Togbé Agbagla, directeur de Togo Data Lab, a exposé les engagements envisagés pour faciliter l’accès des entreprises aux technologies et renforcer l’écosystème national d’innovation.

Quatre axes ont été mis en avant. Le premier concerne la mise en place d’une porte d’entrée nationale vers les ressources de calcul, les données, les modèles d’intelligence artificielle et le mentorat. Une première cohorte d’environ 30 entreprises est ciblée à partir de 2028.

Le deuxième engagement porte sur la création d’un GovTech Sandbox. Ce dispositif doit permettre aux start-up de tester leurs solutions à partir de données de test et d’interfaces de programmation de l’administration publique. Les solutions jugées pertinentes pourraient ensuite être adoptées par les services de l’État.

Le troisième axe vise à renforcer les structures d’accompagnement et les dispositifs existants. Sont notamment concernés Janta Tech Hub, les six centres régionaux d’innovation, Togo Data Lab et Start-up Loop. La démarche prévoit également un dispositif de certification de la qualité, développé avec Afric’Innov et la coopération allemande GIZ.

Enfin, le Togo entend renforcer la confiance numérique. Il est notamment prévu d’étendre le Code du numérique aux questions liées à l’intelligence artificielle à partir de 2027 et de mettre en place un institut dédié à la sécurité de l’IA d’ici à 2028.

Un Compact numérique et IA à l’horizon 2031

Ces engagements s’inscrivent dans le cadre du Compact numérique et IA du Togo 2026-2031, actuellement en cours de finalisation. Aligné sur la vision Togo 2035 et la stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle, ce programme s’articule autour de plusieurs priorités : les infrastructures et les capacités de calcul, l’utilisation de l’IA dans l’administration publique, le développement du capital humain et le renforcement de l’écosystème numérique.

À travers cette politique, le pays ambitionne notamment de porter la contribution du secteur des technologies de l’information et de la communication à 6 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2031.

Lire aussi : Afric’Innov Summit 2026 à Lomé : les experts africains attendus autour de l’IA

 

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