DSSR au Togo : des sénateurs en réflexion sur l’amélioration du cadre légal

Des sénateurs togolais ont participé du 20 au 22 mai 2026, à Kpalimé à un atelier d’échanges consacré aux Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR), avec en ligne de mire l’amélioration du cadre légal au Togo.
La rencontre est organisée par la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME) avec l’appui technique et financier de Ipas Afrique Francophone, l’Association Togolaise pour le Bien-Etre Familial (ATBEF) et la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Togo (SGOT).
Mortalité maternelle et accès aux soins au cœur des échanges
Pendant les travaux, parlementaires, responsables sanitaires, magistrats, juristes et acteurs de la société civile échangent sur les défis liés à la santé reproductive, notamment la réduction de la mortalité maternelle, la prévention des grossesses non désirées et l’accès à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité.
Les discussions s’inscrivent dans un contexte où le Togo continue d’enregistrer un taux élevé de mortalité maternelle. Selon les données évoquées au cours des échanges, le pays affiche encore environ 366 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, alors que les Objectifs de développement durable (ODD) visent moins de 70 décès d’ici 2030.
Les complications liées aux avortements pratiqués dans des conditions non sécurisées figurent également parmi les causes majeures de décès et d’hospitalisation des femmes. Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité d’adapter le dispositif juridique et réglementaire aux réalités sanitaires et sociales actuelles.
Un plaidoyer pour l’adaptation du cadre juridique
L’atelier vise notamment à renforcer la compréhension des enjeux liés aux DSSR par les sénateurs et à encourager des initiatives législatives favorables à un meilleur accès aux soins de santé reproductive. Les échanges portent aussi sur les engagements internationaux ratifiés par le Togo, dont le protocole de Maputo, ainsi que sur la loi relative à la santé de la reproduction adoptée en 2007.
Les organisateurs souhaitent, à travers cette rencontre, favoriser un dialogue entre les acteurs institutionnels et les experts afin de faire émerger des recommandations concrètes pour l’amélioration des textes et des politiques publiques en matière de santé reproductive.
L’ATBEF appelle à une relecture de la loi sur la santé reproductive
La directrice exécutive de l’ATBEF, Noelie Koevi-Koudam, a indiqué que cette rencontre constitue un cadre de réflexion autour des enjeux de santé publique, de droits humains et d’équité sociale. Elle a estimé qu’après plusieurs années d’application, la loi sur la santé de la reproduction mérite aujourd’hui une relecture afin de mieux prendre en compte les nouveaux défis sanitaires et sociaux.
Vers une actualisation du cadre légal
Pour le conseiller régional en politique et plaidoyer de Ipas Afrique francophone, Aboudou Soro, la mortalité maternelle demeure une préoccupation majeure dans la sous-région ouest-africaine. Il a souligné qu’une proportion importante des décès maternels reste liée aux hémorragies provoquées par des avortements clandestins.
Représentant le Secrétaire Général du ministère de la Santé, la Directrice de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME), Dr Makilioubè Tchandana, a rappelé les réformes engagées par le gouvernement togolais pour réduire la mortalité maternelle et infantile, notamment la subvention de la césarienne, la campagne d’accélération de la réduction de la mortalité maternelle et l’assurance maladie universelle.
Elle a toutefois reconnu que plusieurs défis persistent, notamment sur le plan réglementaire, logistique et infrastructurel. Selon elle, l’absence de textes d’application suffisamment clairs limite parfois l’accès effectif aux services de santé reproductive.
Dr Tchandana a enfin invité les sénateurs à s’impliquer davantage dans les réflexions autour de l’évolution du cadre légal afin de favoriser des réponses adaptées aux besoins des populations, particulièrement des femmes et des jeunes.
Elisé depuis Kpalimé









