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Sénégal : les ministres de Pastef restés au gouvernement sous la menace de sanctions

La recomposition de l’exécutif sénégalais ouvre une nouvelle phase de tensions entre le pouvoir et le parti au pouvoir. Alors que le parti PASTEF-Les Patriotes a officiellement annoncé son refus de participer au nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, plusieurs de ses cadres ont choisi de conserver leurs fonctions ministérielles, au risque de s’exposer à des mesures disciplinaires.

Cinq ministres en porte-à-faux avec la ligne du parti

Le nouveau gouvernement dévoilé le 1er juin 2026 comprend notamment cinq personnalités identifiées comme membres ou proches de Pastef : Yankhoba Diémé, Moussa Bala Fofana, Ibrahima Sy, Abdoul Ahad Ndiaye et Alioune Dione.

Leur maintien contraste avec la position officielle du parti dirigé par Ousmane Sonko, qui a déclaré ne vouloir être représenté par aucun ministre dans la nouvelle équipe gouvernementale.

Selon plusieurs informations relayées dans la presse sénégalaise, certains de ces responsables auraient déjà été retirés des canaux internes de communication du parti, signe d’une rupture politique en cours.

Une première exclusion déjà annoncée

La section locale de Pastef à Bignona a annoncé l’exclusion de Yankhoba Diémé de ses structures locales, moins de vingt-quatre heures après sa reconduction au gouvernement. Cette décision, même si elle n’émane pas encore des instances nationales, constitue un signal fort à quelques jours du congrès du parti.

Pour l’heure, aucune sanction officielle n’a été prononcée contre les quatre autres ministres concernés. Toutefois, leur avenir politique au sein de Pastef pourrait être discuté lors du congrès prévu le 6 juin à Dakar.

Un congrès décisif pour l’avenir du parti

Ce rendez-vous sera le premier congrès de l’histoire de Pastef depuis sa création en 2014. Les militants y attendent notamment l’élection du président du parti, fonction pour laquelle Ousmane Sonko apparaît comme le favori naturel, ainsi qu’une clarification de la stratégie politique du mouvement après sa rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye.

La question du maintien de certains cadres au sein du gouvernement pourrait devenir l’un des principaux sujets de débat lors de cette rencontre.

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Une crise aux conséquences institutionnelles

La situation place le Sénégal dans une configuration politique inédite. D’un côté, Bassirou Diomaye Faye conserve les leviers de l’exécutif avec un nouveau gouvernement. De l’autre, Ousmane Sonko préside désormais l’Assemblée nationale et conserve une influence considérable sur la majorité parlementaire issue de Pastef.

L’une des principales inconnues demeure la fidélité des députés du parti : suivront-ils prioritairement la ligne du chef de l’État ou celle d’Ousmane Sonko ? La réponse à cette question pourrait déterminer l’équilibre institutionnel du Sénégal dans les mois à venir.

Au-delà du sort des cinq ministres concernés, c’est donc l’avenir des rapports entre la présidence, le gouvernement et la majorité parlementaire qui se joue dans cette nouvelle séquence politique.

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