Afrique

Financement de la santé : à Cotonou, Dr Melchior Althanse Aïssi appelle les parlementaires de la CEDEAO à agir

Les systèmes de santé en Afrique de l’Ouest restent fortement dépendants des financements extérieurs, une situation préoccupante alors que l’aide internationale tend à diminuer. Dans une déclaration marquante, le directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Althanse Aïssi, a exhorté les parlementaires de la CEDEAO à jouer un rôle décisif pour garantir un financement domestique durable et renforcer la résilience des systèmes sanitaires de la région.

« La dépendance persistante aux financements extérieurs fragilise nos systèmes de santé et expose nos populations à des risques importants », a déclaré le Dr Aïssi. Selon lui, cette situation entraîne une fragilité structurelle, des ruptures possibles dans les services de santé et freine l’amélioration des indicateurs sanitaires dans de nombreux pays ouest-africains.

Face à cette réalité, le Dr Aïssi a insisté sur la nécessité de mobiliser les ressources domestiques. Pour lui, il ne s’agit plus de débattre de l’urgence d’agir, mais de définir comment mobiliser efficacement des financements internes durables et sécurisés. Cela implique une meilleure prévisibilité des ressources, leur affectation directe au secteur de la santé, une transparence accrue et une gouvernance rigoureuse. Des réformes fiscales innovantes et des choix politiques courageux sont également indispensables, a-t-il précisé.

Le directeur général de l’OOAS a également souligné le rôle central des parlementaires de la CEDEAO. « Sans l’engagement actif des parlementaires, aucun financement sécurisé ni progrès durable ne sera possible. Ils doivent voter et protéger les budgets de santé, contrôler l’utilisation des fonds publics et impulser des réformes législatives adaptées », a-t-il déclaré.

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Pour illustrer les défis persistants, le Dr Aïssi a pris l’exemple de l’allaitement maternel exclusif, recommandé pendant les six premiers mois de la vie. Cette pratique, essentielle pour réduire la mortalité infantile et renforcer la santé des mères, est souvent freinée par des congés maternité trop courts dans plusieurs pays de la région. Certains États, comme la Côte d’Ivoire et la Gambie, ont déjà pris des mesures pour étendre le congé maternité, mais des écarts importants subsistent par rapport aux standards internationaux.

Le Dr Aïssi a également évoqué les taxes sur le tabac et l’alcool comme un levier de financement encore sous-exploité. Bien que ces taxes génèrent des ressources importantes, elles ne sont pas toujours réaffectées au secteur de la santé. Il a recommandé la mise en place de mécanismes spécifiques pour garantir que ces fonds contribuent directement à renforcer les systèmes sanitaires.

Enfin, il a salué les initiatives locales, notamment au Niger, qui montrent qu’un financement domestique solide est possible. Selon lui, garantir des ressources internes suffisantes est un enjeu de souveraineté sanitaire et constitue la condition indispensable pour bâtir des systèmes de santé résilients et accessibles à tous.

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