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Sénégal : « Nous nous sommes appauvris en 2025 et nous allons encore nous appauvrir en 2026 », avertit Al Aminou Lô

Devant l’Assemblée nationale lors de sa Déclaration de politique générale, le Premier ministre sénégalais Al Aminou Lô a dressé un diagnostic financier sans concession, annonçant l’entrée officielle du pays dans une phase d’ajustement structurel.

Dès l’entame de son intervention, le chef du gouvernement a tenu à poser un cadre de transparence avec les parlementaires et l’opinion publique : « Un gouvernement qui demande à être jugé sur ses résultats, doit d’abord dire d’où il part. » S’appuyant sur les audits engagés par la Cour des comptes, il a dénoncé la dissimulation passée de données budgétaires, martelant qu’il fallait « se dire la vérité sur les comptes » pour éviter une « fuite en avant sans issue ».

Une dette asphyxiante et une croissance au ralenti

Les chiffres présentés traduisent la gravité de la trajectoire économique. L’endettement global atteint désormais 23 500 milliards de francs CFA, soit une dette du secteur public équivalant à 132 % du PIB.

Dans le même temps, la croissance hors hydrocarbures s’est tassée à 2,2 % pour une démographie en hausse de 3 %, entraînant mécaniquement une baisse du revenu par habitant. Un décalage qui a poussé le Premier ministre à un constat amer : « Nous nous sommes appauvris en 2025 et nous allons encore nous appauvrir en 2026. »

Des conditions d’emprunt jugées insoutenables

Sur les marchés financiers internationaux, la signature de l’État subit une dépréciation brutale. Selon le chef du gouvernement, les titres publics ont perdu la moitié de leur valeur.

Accéder au crédit relève désormais de l’impasse financière : « Aujourd’hui, si on repartait pour nous endetter sur 2 ans, le marché secondaire nous coûte 60 % de taux d’intérêt », a-t-il révélé, pointant du doigt la pression critique qui pèse sur la trésorerie nationale.

Le cap de l’ajustement structurel

Prenant la mesure de l’urgence, Al Aminou Lô a conclu son allocution en recadrant la situation du pays au-delà des estimations précédentes : « Monsieur le président de l’Assemblée nationale, vous parliez du 4e sous-sol, on est au 5e sous-sol. 5e sous-sol, c’est ça l’ajustement. On est en ajustement structurel. »

Une déclaration qui acte le lancement d’une politique de rigueur et de réformes profondes pour redresser les finances publiques.

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