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Niger : le troublant récit d’un officier sur le putsch manqué à Niamey

Le capitaine Roger Gabriel, commandant de compagnie au 1er Bataillon parachutiste, a livré à la télévision nationale nigérienne un récit détaillé des événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août à Niamey. Il affirme avoir été approché pour rejoindre le mouvement et avoir reçu plusieurs communications faisant état de possibles soutiens extérieurs, notamment depuis le Tchad, la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire. Des accusations qui restent, à ce stade, à établir.

La nuit du 28 au 29 août continue de livrer ses zones d’ombre. Mardi 1er septembre, le capitaine Roger Gabriel est revenu publiquement sur les heures de tension qui ont secoué Niamey, alors que des affrontements opposaient des éléments du BSR-COS à la Garde présidentielle.

Commandant de compagnie au 1er Bataillon parachutiste, l’officier affirme avoir été sollicité pour rejoindre le mouvement. Mais il dit avoir choisi de rester dans la chaîne de commandement qu’il présente comme loyaliste.

« Nous pensions à une attaque terroriste »

Selon son récit, Roger Gabriel se trouvait à son domicile lorsque les premiers tirs ont retenti aux abords de la base aérienne 101. Dans un premier temps, lui et ses hommes auraient pensé à une attaque terroriste.

Son unité reçoit alors l’ordre de s’armer, de sécuriser son camp et de tenir une seconde position stratégique. La nature des affrontements se précise progressivement.

L’officier apprend que les combats mettent aux prises des éléments du BSR-COS et des militaires de la Garde présidentielle. Des officiers présents sur la base aérienne auraient alors cherché à obtenir le renfort de son unité.

Roger Gabriel affirme avoir décliné ces sollicitations et maintenu ses hommes dans leur position.

Des appels venus de l’étranger

C’est à ce moment que son récit prend une dimension plus sensible. Le capitaine affirme avoir reçu plusieurs appels et messages provenant de l’extérieur du Niger.

Selon lui, un officier tchadien lui aurait notamment parlé d’une opération qui se préparait depuis le Tchad. Il affirme que cet interlocuteur aurait évoqué une implication de forces spéciales françaises.

Le capitaine dit également avoir été en contact avec des personnes présentées comme proches de l’ancien président Mohamed Bazoum. Au cours de ces échanges, plusieurs pays auraient été mentionnés, parmi lesquels le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France.

Roger Gabriel évoque par ailleurs des appels provenant de numéros français, belges ou associés à Dubaï.

L’ensemble de ces éléments, assure-t-il, aurait été transmis à sa hiérarchie.

Une bataille des ralliements

Au-delà des affrontements militaires, le témoignage du capitaine Roger Gabriel décrit une autre bataille, plus discrète : celle des ralliements.

Dans une armée confrontée à des mouvements internes et à des prises de position divergentes, la loyauté des différentes unités pouvait devenir déterminante. Les sollicitations adressées à certains officiers auraient ainsi constitué un enjeu majeur au cours de cette nuit de tension.

Le récit de Roger Gabriel apporte un éclairage de l’intérieur sur ces tentatives présumées de mobilisation. Mais il ne permet pas, à lui seul, d’établir l’existence d’une opération étrangère coordonnée.

Des accusations qui restent à vérifier

Les déclarations de l’officier doivent donc être distinguées des faits établis. S’il est avéré qu’il a publiquement évoqué ces contacts, les informations qu’il rapporte sur une éventuelle implication de forces étrangères restent à confirmer.

Le Tchad a d’ailleurs rejeté les accusations rapportées dans ce récit. Des sources militaires tchadiennes citées par Alwihda Info les ont démenties. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a, lui, appelé à ne pas « mêler le faux à la vérité ».

L’Union africaine a pour sa part condamné toute tentative de prise du pouvoir par la force après les événements des 28 et 29 août.

À Niamey, le récit du capitaine Roger Gabriel ajoute ainsi une nouvelle pièce au puzzle de cette nuit de crise. Il met en lumière les tensions entre unités militaires, les tentatives présumées de ralliement et l’existence de communications attribuées à des acteurs étrangers. Reste désormais à déterminer ce qui relève de faits vérifiables, de tentatives de manipulation ou d’informations encore non corroborées.

 

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