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Côte d’Ivoire : Calice Yapo relaxé, la justice tranche dans un dossier à forte portée politique

Le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau a rendu son verdict ce vendredi 27 mars 2026 dans l’affaire impliquant Calice Yapo. Le secrétaire exécutif du PDCI-RDA a été déclaré non coupable des faits de « trouble à l’ordre public » et de « jet de discrédit sur les décisions de justice », mettant ainsi un terme à une procédure suivie de près dans le paysage politique ivoirien.

Une décision en décalage avec les réquisitions du parquet

Cette relaxe intervient alors que le parquet avait requis, le 27 février dernier, une peine de trois ans d’emprisonnement avec sursis assortie d’une amende de 500 000 francs CFA. Finalement, le tribunal n’a pas retenu ces arguments, estimant que les éléments constitutifs des infractions reprochées n’étaient pas établis.

L’affaire trouve son origine dans les prises de position publiques de Calice Yapo concernant l’invalidation du mandat de député de Camille Alliali Hervé, élu de Toumodi. Des déclarations que le parquet jugeait susceptibles de créer des tensions sociales et de fragiliser la crédibilité des décisions judiciaires.

Un dossier à forte connotation politique

Proche de Tidjane Thiam et figure montante du PDCI-RDA, Calice Yapo occupe une place stratégique au sein de l’opposition. Cette visibilité a contribué à donner une dimension particulière à cette affaire, dans un contexte marqué par des tensions entre le PDCI-RDA et le RHDP au pouvoir.

À la sortie de l’audience, le responsable politique s’est montré mesuré, se contentant d’exprimer sa reconnaissance sans faire de déclaration susceptible d’alimenter la polémique.

Réactions contrastées dans la classe politique

Du côté du PDCI-RDA, les poursuites ont été dénoncées comme relevant d’un « harcèlement politique ». À l’inverse, certains cadres du RHDP, dont Abdoulaye Soumahoro, y voient une illustration de l’indépendance de la justice ivoirienne.

Des observateurs, eux, soulignent que ce dossier met en lumière la persistance d’une forte polarisation entre acteurs politiques et institutions judiciaires. Ils appellent à une lecture rigoureuse des faits, en s’appuyant sur les éléments du procès et les motivations du parquet.

Un climat national sous tension

Cette décision intervient dans un contexte marqué par des crispations autour des questions électorales et institutionnelles en Côte d’Ivoire. Plusieurs voix issues de la société civile invitent à la retenue et à une analyse apaisée, estimant que ce type d’affaire souligne la nécessité de renforcer la confiance entre justice et acteurs politiques.

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