
Le gouvernement de transition malien maintient sa ligne de fermeté face aux groupes armés. Le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a réaffirmé l’opposition catégorique de Bamako à toute négociation avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA).
Bamako durcit le ton après les attaques du 25 avril
C’est au Palais de Koulouba, le 7 mai 2026, lors d’une rencontre avec le corps diplomatique et consulaire accrédité au Mali, qu’Abdoulaye Diop a affiché la position officielle des autorités de transition.
« Le gouvernement n’envisage pas de dialogue avec des groupes armés terroristes sans foi ni loi », a déclaré le chef de la diplomatie malienne devant les représentants étrangers.
Cette sortie intervient moins de deux semaines après les attaques coordonnées du 25 avril 2026, considérées comme les plus meurtrières enregistrées au Mali depuis le début de la crise sécuritaire en 2012.
La rencontre diplomatique a également été marquée par une minute de silence en hommage au général Sadio Camara, ministre de la Défense tué lors de l’attaque de sa résidence à Kati.
Le JNIM et le FLA exclus de toute concertation
Pour justifier cette position, Abdoulaye Diop a rappelé que le JNIM, affilié à Al-Qaïda, figure depuis octobre 2018 sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Selon Bamako, cette classification internationale retire toute légitimité au groupe dans le cadre d’éventuelles discussions politiques.
Le ministre malien a également accusé le Front de libération de l’Azawad de s’être rapproché du JNIM. Les autorités estiment que le FLA a choisi de soutenir une organisation terroriste reconnue par l’ONU.
Le mouvement est aussi accusé d’être impliqué dans plusieurs attaques récentes, notamment à Kidal et Gao, ce qui le place, selon le gouvernement, hors de tout cadre officiel de négociation.
Des accusations contre des « sponsors étatiques »
Au cours de cette rencontre, Abdoulaye Diop a aussi évoqué l’implication présumée de « sponsors étatiques » et « d’acteurs hybrides » dans les attaques du 25 avril.
Sans citer de pays, ces déclarations ont alimenté les spéculations autour d’éventuelles ingérences régionales. L’Algérie, régulièrement évoquée dans les débats sécuritaires au Sahel, a rejeté toute implication dans la crise malienne.
Le Mali maintient ses cadres de dialogue politique
Malgré sa fermeté envers les groupes armés, Bamako affirme poursuivre le dialogue avec les acteurs politiques évoluant dans un cadre institutionnel.
Les autorités continuent notamment de s’appuyer sur les Accords nationaux de réconciliation (ANR) et le Dialogue inter-malien (DIM), présentés comme les seuls mécanismes légitimes de concertation.
Le gouvernement assure également poursuivre les programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) destinés aux combattants ayant abandonné la lutte armée.
Une doctrine sécuritaire assumée
Cette position s’inscrit dans la continuité de la rupture officielle du Mali avec les Accords d’Alger, dénoncés par les autorités de transition en janvier 2024.
Signés en 2015, ces accords avaient permis l’ouverture d’un processus de paix avec plusieurs groupes armés touaregs, dont certains sont aujourd’hui accusés de liens avec le JNIM ou le FLA.
Dans le même temps, le nouveau chef d’état-major général des armées, le général Élisée Jean Dao, a promis de renforcer la riposte sécuritaire contre les groupes armés. Lors de sa prise de fonction, il a annoncé un « coup d’arrêt imminent » aux activités terroristes sur le territoire malien.









