Société

Togo : une stratégie en trois piliers pour sécuriser les Savanes et renforcer le développement

Depuis juin 2022, la région des Savanes, dans le nord du Togo, vit sous état d’urgence face à la menace croissante des groupes jihadistes venus du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Avec environ 433 000 personnes concernées, le gouvernement togolais a mis en place une stratégie en trois piliers simultanés : militaire, préventif et développement.

 Koundjoaré : la sécurité avant tout

L’opération Koundjoaré, lancée en septembre 2018 et toujours active, déploie les forces armées togolaises pour sécuriser les frontières et protéger les populations. Ce dispositif porte le nom du Colonel Madjoulba Koundjoaré, tombé en 2020 dans l’exercice de ses fonctions. En janvier 2026, le Togo a rendu hommage aux soldats tombés en 2025, décorés à titre posthume.

 CIPLEV : prévenir la radicalisation

Le Comité Interministériel de Prévention de la Radicalisation et de l’Extrémisme Violent (CIPLEV), créé en mai 2019, agit sur le terrain social et communautaire. Composé de 18 membres représentant ministères, armée, confessions religieuses et société civile, il mène des campagnes de sensibilisation, formations d’enseignants et dialogue avec les leaders communautaires. Avec le soutien de l’USAID et du PNUD, le CIPLEV s’attaque aux causes de la radicalisation là où les armes ne peuvent pas agir.

 PURS : le développement comme rempart

Le pilier PURS (Programme d’Unité et de Résilience Sociale) mise sur le développement pour renforcer la résilience des communautés. Entre 2021 et 2023, le taux d’électrification des Savanes est passé de 29 % à 42 %, soit plus de 15 000 foyers raccordés. Le programme, étendu à l’ensemble du pays en 2024, cible 433 000 bénéficiaires pour la période 2026‑2027, avec un budget de 18 milliards de FCFA, incluant abris pour déplacés, protection contre les violences et amélioration des services de base.

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 Financements internationaux et impact

Grâce à cette stratégie intégrée, le Togo a pu accéder à l’Allocation PRA de la Banque mondiale, avec un financement total de 315 millions de dollars débloqués en 2024, complétés par 298 millions supplémentaires pour des projets d’électrification, de cohésion sociale et de gouvernance. Le 2 mars 2026, une délégation de la Banque mondiale a évalué les résultats du cycle IDA20 et préparé les négociations du cycle IDA21, conditionnant ainsi les financements pour des centaines de milliers de Togolais vivant dans les zones les plus vulnérables.

Cette approche coordonnée illustre la capacité du Togo à prévenir les crises, sécuriser ses populations et investir dans le développement, tout en mobilisant des financements internationaux conséquents.

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