
Le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) a célébré, mardi 1er septembre 2026, ses 15 ans d’existence. Une cérémonie placée sous le signe de la reconnaissance, du réengagement et de la remobilisation.
15 ans de lutte syndicale
Quinze ans déjà. Le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) a marqué ses noces de cristal dans une ambiance à la fois solennelle et conviviale. La cérémonie s’est tenue dans les locaux du ministère de la Communication et des Médias, en présence de plusieurs acteurs du paysage médiatique togolais.

Placée sous le thème « Au cœur des défis : réengagement, solidarité, remobilisation pour un SYNJIT fort », cette célébration a été l’occasion pour le syndicat de revisiter quinze années d’engagement en faveur des professionnels des médias.
Journalistes salariés et indépendants du secteur privé ont pris part à ce rendez-vous, aux côtés de plusieurs responsables et figures de la presse togolaise.
Parmi les personnalités présentes figuraient Fabrice Pétchézi, président de l’Observatoire togolais des médias (OTM), Thierry Affanoukoé, président de l’ATTOPEL, Modeste Messavussu-Akué, président de l’URATEL, Aimé Ekpé, directeur de la Maison de la presse, Loïc Lawson, président de l’UPF International, Tchagnao Arimiyao, ancien président du CONAPP, Germain Pouli, président du CONAPP, ainsi que Sas Gaou, ancien présentateur de Radio Kanal FM.
Le ministère appelle au dialogue
La cérémonie commémorative a été présidée par Ambroise Klevor Yao Togbe, conseiller technique auprès du ministre de la Communication, représentant la ministre de la Communication et des Médias.

Dans son intervention, il a salué la longévité du SYNJIT et son implication dans la défense des intérêts des professionnels des médias.
« Quinze années d’existence dans la vie d’une organisation professionnelle, c’est un long décisif. En effet, ce parcours traduit votre capacité à inscrire votre action dans la durée, à porter des revendications, à défendre des intérêts professionnels et surtout à contribuer au débat sur l’avenir de la presse, à la démocratie et au développement de notre pays », a-t-il déclaré.
Pour le représentant du ministère, les défis du secteur nécessitent davantage de dialogue entre les différentes parties prenantes.
« La porte du dialogue, de l’écoute et de la concertation est déjà ouverte et elle doit le rester afin de permettre que les préoccupations de notre secteur soient entendues, étudiées et puissent mener à des décisions partagées, inclusives et durables », a-t-il ajouté.
Il a notamment insisté sur l’importance d’aborder les questions liées aux conditions de travail et de vie des professionnels des médias dans un esprit de concertation.
Le SYNJIT face à la précarité
Au-delà du caractère festif de l’anniversaire, les responsables du SYNJIT n’ont pas éludé les difficultés qui secouent actuellement le secteur de la presse privée au Togo.
Dans son allocution, le secrétaire général du syndicat est revenu sur les différentes batailles menées au cours des quinze dernières années pour les conditions de travail des journalistes indépendants et pour la liberté de la presse.
Mais le constat reste préoccupant.
« La construction d’un écosystème professionnel du journalisme dans le privé au Togo n’est pas un long fleuve tranquille. C’est plus que jamais un combat quotidien pour la dignité et la survie économique. Osons regarder la réalité de l’heure en face », a-t-il lancé.
Selon lui, la situation de la presse privée s’est davantage fragilisée depuis la crise sanitaire liée à la Covid-19, avec des pertes de personnel et une précarité croissante.

À cette difficulté s’ajoutent les profondes mutations technologiques qui bouleversent le modèle économique traditionnel des médias.
« Les mutations technologiques induites par l’intelligence artificielle mettent un peu plus à rude épreuve notre modèle économique. Et notre silence, notre immobilisme, voire notre résignation devant cette donne scabreuse constituent nos pires ennemis de l’heure », a-t-il souligné.
Pour le responsable syndical, les 15 ans du SYNJIT doivent surtout servir de point de départ à une nouvelle dynamique.
« Chers camarades, 15 ans de syndicalisme nous appellent un peu plus à l’action fertile et utile, à une plus grande maturité dans notre engagement syndical », a-t-il déclaré.
Les pionniers à l’honneur
C’est sans doute l’un des moments les plus symboliques de cette célébration. Pour ses noces de cristal, le SYNJIT a choisi de rendre hommage à ceux qui ont posé les premières pierres de l’organisation.
Les pères fondateurs et pionniers du syndicat ont ainsi été distingués pour leur contribution à la naissance et à la consolidation du SYNJIT.
Des tableaux d’honneur leur ont été remis en reconnaissance de leur engagement et de leur dévouement. Un hommage qui se veut aussi un passage de témoin entre les générations de journalistes.
À travers cette initiative, le syndicat entend rappeler que les acquis enregistrés au fil des années sont aussi le fruit du travail de ceux qui ont porté les premières revendications syndicales dans le secteur des médias privés.
De nouveaux membres rejoignent le SYNJIT
Autre temps fort de la cérémonie : la remise symbolique des cartes de membre à plusieurs professionnels des médias.
Cette séquence a traduit la volonté de nouveaux adhérents de rejoindre la grande famille du SYNJIT et de participer, à leur tour, à la défense des intérêts de la profession.
Pour le syndicat, cette adhésion de nouveaux membres intervient à un moment où la mobilisation apparaît plus que jamais nécessaire face aux difficultés économiques, aux mutations technologiques et aux enjeux liés à l’avenir de la presse privée.
Place au renouveau
Après quinze années de lutte syndicale, le SYNJIT veut désormais capitaliser sur son expérience pour ouvrir une nouvelle page.
Les noces de cristal célébrées mardi ne constituent donc pas seulement un anniversaire. Elles marquent également un appel à la solidarité, au réengagement et à la remobilisation des professionnels des médias.
La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère chaleureuse avec une séance de photos de famille réunissant les participants.
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Quinze ans après sa création, le SYNJIT entend ainsi poursuivre le combat, avec un objectif affiché : faire de l’unité et de l’engagement syndical des leviers pour une presse privée togolaise plus forte et plus résiliente.









