
La Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), Lumière pour le développement dans la paix (LDP) et le mouvement « Touche pas à ma Constitution » appellent les Togolais à observer une journée de cessation d’activités le vendredi 20 novembre 2026. Présentée comme une « journée patriotique d’avertissement », cette initiative vise à interpeller le pouvoir sur les conditions de vie des populations et la situation politique du pays.
L’appel a été lancé dans une déclaration liminaire rendue publique le vendredi 6 novembre 2026 à Lomé. Les organisations signataires invitent les travailleurs des secteurs public et privé, les commerçants, les transporteurs, les artisans, les étudiants, les agriculteurs et les autres catégories socioprofessionnelles à suspendre leurs activités pendant cette journée.
Les initiateurs présentent cette mobilisation comme une action citoyenne destinée à exprimer le mécontentement d’une partie de la population face à la gouvernance du pays. Ils souhaitent notamment une participation des centrales syndicales, qu’ils appellent à dépasser les revendications sectorielles pour rejoindre une mobilisation plus large.
Les organisations dénoncent les conditions de vie des populations
Dans leur déclaration, les signataires dressent un tableau critique de la situation socioéconomique et politique du Togo. Ils évoquent notamment les difficultés liées au coût de la vie, aux délestages électriques, à l’accès à l’eau potable et aux services sociaux de base.
Ils dénoncent également les restrictions qu’ils estiment imposées aux organisations syndicales et à la société civile. Selon eux, les difficultés rencontrées par les travailleurs et les citoyens dépassent le cadre des revendications professionnelles et nécessitent une mobilisation collective.
« La lutte n’est donc plus ni syndicale ni sectorielle ; elle est systémique », soutiennent-ils dans leur déclaration.
Les organisations appellent ainsi les centrales syndicales CGT, CNTT, GSA, UGSL, UNFRT, UNSIT et SYNPHOT, ainsi que leurs syndicats affiliés, à prendre part à la journée du 20 novembre.
Des revendications économiques, sociales et politiques
Les initiateurs de la mobilisation ont présenté une série de revendications portant sur plusieurs domaines. Sur le plan social, ils demandent notamment la fin des délestages, un meilleur accès à l’eau potable, la baisse des prix des produits de première nécessité et l’amélioration des infrastructures sanitaires, scolaires et routières.
Ils réclament également une augmentation des revenus des travailleurs, des enseignants, des médecins, des transporteurs, des commerçants et des autres catégories professionnelles. La question de l’indemnisation des victimes des incendies de marchés, notamment à Lomé, Kara, Anié, Agoè-Assiyéyé, Kpalimé, Kégué et Hédzranawoé, figure aussi parmi leurs exigences.
Les signataires demandent par ailleurs une indemnisation des personnes expropriées dans plusieurs localités du pays, davantage d’opportunités pour les jeunes ainsi qu’une solidarité renforcée envers les retraités et les personnes âgées.
Sur le terrain politique, ils réclament la libération de tous les détenus qu’ils qualifient de politiques et le retour des exilés. Ils demandent également l’exécution d’une décision de la Cour de justice de la CEDEAO, la mise en place d’une transition politique et l’organisation d’assises nationales en vue d’une refondation de la République.
La décision de la Cour de justice de la CEDEAO au cœur de l’appel
Les organisations signataires accordent une place importante à la décision de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Elles affirment que la juridiction communautaire a interpellé le gouvernement togolais, par une lettre datée du 23 octobre 2026, en lui demandant de mettre en œuvre sa décision.
Elles critiquent également la tenue d’un colloque universitaire les 29 et 30 octobre 2026, qu’elles considèrent comme une tentative de contourner cette décision.
Pour les initiateurs, l’exécution de l’arrêt de la Cour constitue une condition essentielle à l’ouverture d’une nouvelle séquence politique. Ils estiment que la journée du 20 novembre doit servir d’avertissement au pouvoir avant janvier 2027.
Un appel à la mobilisation avant janvier 2027
Les signataires inscrivent leur initiative dans une perspective politique plus large. Ils évoquent le 13 janvier 2027, date à laquelle le Togo marquera, selon leur lecture historique, les 60 ans de l’arrivée au pouvoir de la famille Gnassingbé.
Ils dénoncent une succession dynastique et réclament une transition politique suivie d’assises nationales inclusives. Leur objectif affiché est de parvenir à une refondation de la République.
Les organisations indiquent également soutenir d’autres initiatives de mobilisation annoncées pour les 8 et 11 novembre 2026, respectivement avec le CNCC et le Parti national panafricain (PNP).
La journée du 20 novembre constitue ainsi, selon les signataires, une étape dans leur stratégie de mobilisation citoyenne. Reste à savoir quelle sera l’ampleur de la participation des populations et des organisations socioprofessionnelles à cet appel à la cessation des activités.









